On rencontre sa destinée souvent par les chemins qu'on prend pour l'éviter.
Jean de La Fontaine_____________________________
Qui a dit chacun obtienne ce qu'il mérite ? Qui a dit qu'il faut planifier son futur ? Qui a dit qu'il faut se créer un but, un rêve qui nourri son âme et qui pousse à faire de son mieux pour parvenir à le réaliser ? Qui a dit que le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves ? Ou encore que le destin n'est qu'un mensonge humain (non c'était pas moi) ? Qui a dit que l'homme est maître de son destin ?
Non au fait, ce ne sont pas ces questions là qui me détraquent. Qui a dis cela ? Est il un con super con, ou bien un menteur brillant ? Telle est la question ! Dans les deux uniques cas, c'est pareil. Les citations qu'on prenait pour une vérité absolue ne sont évidemment qu'une menterie absolue !
Comme chaque pitoyable créature humaine, j'avais des rêves, mes propres rêves. Je rêvais de devenir utile, de faire du bien, de sauver des vies. Je désirais savoir, comprendre, pouvoir découvrir le secret humain. Je souhaitais saisir toute connaissance qui pourrait m'aider à le faire, commençant par son corps, à sa psychiatrie... Je rêvais de devenir médecin. Puis sur ce même rêve j'ai bâtit de nouveaux rêves. Comme celui de passer le reste de ma vie auprès de la créature humaine la moins pitoyable sur terre, la plus parfaite dans ce monde. Ou encore celui d'être toujours entouré par mes chers, de pouvoir les voir chaque matin, je rêvais de pouvoir embrasser mon amoureuse a chaque fois que j'aurai besoin de son affection. Non ce n'est pas tout ! Je voulais être parfaite, je voulais vivre en paix, je voulais pouvoir dire Yaaaaah, trrr...aux personnes qui admiraient ces « mots », je voulais avoir le cerveau vide (pour une fois) et pouvoir dormir le soir a 10 h sans avoir besoin de tout essayer avant de réussir a le faire finalement. Je voulais arrêter de dire j'ai mal à la tête, en essayant de remplacer c½ur par tête...je rêvais de sourire sans hypocrisie, de sentir le bonheur pour plus de quelques minutes. Des dizaines de chose (ou bien des centaines, qui sait ?) que je voulait réaliser, des dizaines de rêves, qui ne pourront être que des illusions. J'ai découvert qu'elles sont rares les vies qui méritent être sauvées. J'ai découvert que travailler à en crever n'est pas suffisant pour devenir médecin et que le savoir n'est pas offert à tout le monde. En conséquence, le château de rêve que j'ai pu construit sur la base des rêves primitifs s'est détruit en silence, tout en apercevant que la personne la plus parfaite au monde s'est déjà éloigné de moi, et que le destin a tout fait pour la garder loin , tout loin. Que même mes chers ne seront plus mes chers, mais seulement des vieux chers, parce que je ne pourrai jamais les voir chaque matin et que peut être je ne les reverrai jamais !!! Et encore pire, que maintenant que je me sens pathétiquement mal, mon amoureuse ne m'embrasse pas, et je peux même pas lui demander pourquoi !! J'ai du enfin constater que l'être humain n'est qu'un jouet du sort et non maître du destin, et que le futur n'appartient pas à ceux qui croient à la jolie banalité de leurs rêves. Je me suis transformée en créature pitoyable. Ce qui me restait de mon humanité sont mes misérables rêves que j'ai tout sacrifié pour les réaliser. Commençons par mes envies mêmes les plus intimes. Mes sentiments, qu'il s'agit d'affection, de pitié, de haine ou encore de jalousie. J'ai délivré mon corps de toute sorte d'émotion, de joie, de peine ou d'angoisse. J'ai tout effacé, toutes traces de mon humanité, toute trace qui empêchera d'une façon ou l'autre, la réalisation de mes fameux rêves ... mais finalement je ne faisais que perdre, perdre ma vie peu a peu, pour finir comme inconnue dans ce monde. J'ai finit par tout perdre ... et comme si le destin s'amuse de me voir courir dans tous les sens, essayant de rattraper ce qui reste ? Comme s'il s'amuse de me voir perdre l'espoir aussi, le pouvoir de rêver, de se contrôler, en changeant de plus en plus mon futur, et m'obligeant à vivre ici et là perdue, pour ne plus pouvoir aimer, affectionner, sourire ou rêver. Et si j'avais à accepter mon destin, je ne détruirai pas la nouvelle chance qu'il m'offre. Si j'avais a souffrir pour réussir cette chose qui n'a jamais été l'un de mes rêves, de réussir cette vie qui n'a jamais été la mienne, je le ferais. Parce qu'en perdant tout , on ne peut que tout commencer, que suivre le courant pour être sauvé. Se créer de nouvelles ambitions pour pouvoir continuer, oui des ambitions, mais jamais des rêves. Et parce qu'après tout je ne tolère pas le sentiment d'« être battue ».
« Tu sais, Hachi, je pensais que dans la vie, il fallait toujours aller contre
le courant, aussi fort soit-il. Mais vivre en se laissant porter, ce n'est pas
si bête que ça. Si ça permet d'avancer... »
Nana Osaki _____________________________